Tu m’agresses la parole

Une réflexion sur les mécanismes du harcèlement et le rôle de chacun, victime, auteur ou spectateur. D’ailleurs, on peut être bouc émissaire un jour et bourreau le lendemain…



l’histoire

C’est l’histoire de deux copines, Isabelle et Caroline. Aujourd’hui, elles se sont battues au collège. Ni les copains de classe, ni leurs parents ne comprennent pourquoi. Elles ne veulent rien dire. Alors les amis de Caroline s’en mêlent, Isabelle doit payer…

ISABELLE : Ils me regardent tous. Je sens leurs regards sur moi. Leurs regards me transpercent le dos. Maintenant ils me jugent de derrière. Est-ce que vous vous êtes déjà senti jugé au moins une fois dans votre vie, vous ? Caroline me regarde aussi. Elle aimerait bien que je lui pardonne, mais elle n’a pas assez de courage pour me demander des excuses en face. Des fois j’aimerais me retourner vers eux et leur dire que je ne suis pas si différente, mais je n’y arrive pas.

le sujet

Au-delà de cette histoire banale, le Lien Théâtre propose une réflexion sur la spirale du harcèlement et le rôle de chacun, victime, auteur ou spectateur. En faisant choisir au public qui jouera la victime, nous invitons le spectateur à éprouver les conséquences de ce choix.

Note d’intention

Tu m’agresses la parole est le premier spectacle du Lien Théâtre, créé en 2008. Il est à l’origine de notre démarche d’écriture au plateau. Pour sa création, l’équipe artistique s’est immergée pendant une semaine dans un collège dit « sensible ». Nous n’avions pas d’idée préconçue, notre questionnement était large et portait sur « les relations entre jeunes » ; notre désir était de créer un spectacle jeune public à partir de 11 ans, dans une forme de théâtre du quotidien. 

Nous avons été embarqués dans une vie débordante d’émotions  ! Dans ce collège, la joie côtoie la peine, la fierté et la honte s’opposent en permanence. Les couleurs sont éclatantes, les bruits sont intenses, les rires, les cris, les insultes fusent, les voix des adultes se veulent sévères, les escaliers se dévalent à toute allure et là-bas, dans un coin de la cour, un cercle se referme… un enfant est au centre, certains rient de lui, l’attroupement se fait plus grand, une bagarre se déclenche, un sifflet strident disperse le groupe. Reste le jeune, seul… Un surveillant va lui parler.

Notre histoire était née.

L’écriture du texte et la mise en scène reflètent ce tourbillon émotionnel. Au premier plan, l’histoire entre Isabelle et Caroline, les ex-meilleures amies qui aujourd’hui ne se parlent plus. Au second plan, le poids du groupe, ses implications dans l’embrouille. Au fond, la menace de harcèlement qui pèse sur Isabelle. Est-ce parce qu’elle est moins populaire que Caroline ? Qu’elle est dans un moment de sa vie où elle est plus fragile ? Ou parce qu’il faut un coupable et qu’il est tout désignée dans la personne d’Isabelle… 

Nous jouons ce spectacle depuis 8 ans. Plus de 7 200 collégiens ont vibré à notre histoire qu’ils disent réaliste. Après le spectacle, au moment des échanges, nous entendons souvent « Isabelle c’est une victime ! » « Elle a pas mérité ce que le groupe lui fait subir mais bon, elle a la tête de la victime… » 

C’est pourquoi en 2016, avec l’ensemble de l’équipe artistique, nous avons décidé de nous interroger sur le profil de la victime. Calin Blaga, l’auteur, a complété le texte et donné naissance à un nouveau personnage : le Chœur. 

Par définition, il a comme fonction de présenter le contexte. Il résume les situations pour aider le public à suivre les évènements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce. Dans notre pièce, il donne la possibilité aux spectateurs de choisir quelle comédienne jouera la victime. Certains jeunes votent, d’autres non. 

C’est bien autour de la responsabilité de chacun que les débats s’organisent à l’issue de la représentation. Nous reprenons la question posée au début du spectacle…

Presse et avis

“Dans une mise en scène dénuée de tout décor pour être encore plus proche de la réalité, les sept comédiens ont déroulé devant les adolescents des scènes de leur vie de collégiens, avec leurs mots et leurs comportements. Tableau de violence autant en classe que dans la cour, puis un retour à la maison où règne une ambiance tendue. Cruauté entre élèves, au point qu’une adolescente, devenue la souffre-douleur, tente de se suicider. A la fin de la pièce les élèves étaient subjugués.”
Le Progrès, novembre 2012

Parcours du spectacle

Création en 2008

  • 195 représentations
  • 13 000 spectateurs

 

Éclairage pédagogique

Le spectacle peut s’insérer dans un dispositif pédagogique complet. Un dossier est disponible sur demande.

Texte : Calin Blaga
Mise en scène : Anne-Pascale Paris
Création sonore : Simon Dahan
Création lumière : Justine Nahon
Avec : Coline Bouvarel (en alternance avec Laetitia Paris), Emilie Canonge (en alternance avec Charlotte Loinard), Lysiane Clément, Jimmy Delourneaux, émeline dumouilla, Charlotte Robin (en alternance avec Karine Dufaut), Rodolphe Wuilbaut
Public : à partir de 12 ans
Durée : 1 h 10
Partenaires : ville de Pierre Bénite, ville de Villeurbanne, ville de Lyon, Conseil Départemental d’Accès au Droit
Le Lien Théâtre a l’agrément de l’Académie de Lyon en tant qu’association éducative complémentaire de l’enseignement public. 
 

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