Caïn et Abel

Les frères ont-ils toujours été ennemis ?



CAÏN : Cette nuit Dieu m’a parlé

ABEL : C’est bien je suis content pour toi Il t’a dit quoi si c’est pas indiscret

CAÏN : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre ? Certainement si tu agis bien tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui

ABEL : C’est génial ! Je n’ai jamais eu une phrase si longue Moi c’était plus des oui ou non ou des peut-être ou des c’est bien mon fils ou c’est mal mon fils Et ça veut dire quoi tout ça

CAÏN : Rien

ABEL : C’est à cause de l’offrande ? J’en suis désolé Caïn j’ai vu que tu étais vexé mais si la foudre est tombée sur le bétail c’est un hasard elle aurait pu très bien tomber sur les épis

CAÏN : Quoi ? Tu dis que Dieu sait tout est partout et peut tout Tu dis que Dieu c’est ta raison d’exister Que tu aimes Dieu plus que tout au monde et là tu doutes de lui tu et oses dire que Dieu a envoyé la foudre au hasard sur ton offrande tu me prends pour un demeuré ?

ABEL : Tu me fais peur Caïn

CAÏN : Allons dans les champs

ABEL : Pourquoi ?

CAÏN : Vas-y

L’histoire

Selon le récit biblique, Caïn est le fils aîné d’Adam et Ève. Il est paysan et il a un frère Abel qui est berger. Un jour, les deux frères apportent chacun une offrande à Dieu : Caïn offre des fruits de la terre, tandis qu’Abel présente des premiers-nés de son troupeau, des moutons et leur graisse. Dieu préfère l’offrande d’Abel. Il perçoit la colère et la tristesse de Caïn, et lui recommande de bien agir et de dominer le péché. Mais Caïn, jaloux, échoue. Un peu plus tard, il invite son frère à sortir dans les champs, se jette sur lui et le tue.

Le sujet : fratrie et fraternité

Caïn et Abel est un projet sur la question des conflits dans la fratrie. Il pose la question : pourquoi je m’oppose à mon frère / à ma sœur ? Il interroge également ce qu’est la fraternité : lien de parenté entre frères et sœurs mais également lien existant entre personnes considérées comme membres de la famille humaine. L’opposition entre deux frères, parfois jumeaux, est très répandue dans les mythes, légendes ou contes, sur tous les continents, ayant ses origines à l’aube de l’humanité. Souvent un des deux frères tue l’autre devenant ainsi la souche d’une lignée postérieure. C’est au fond le grand thème du rapport à la différence. Si l’histoire de Caïn et Abel est au début de la Bible et du Coran, c’est parce que la relation au frère dans la différence est la question fondatrice posée à notre humanité, et donc à nous aujourd’hui. L’histoire du fratricide inscrite aux origines de nos civilisations, pose de multiples questions : comment peut-on se tuer entre frères ? pour quelles raisons ? sommes-nous condamnés à reproduire ce crime fraternel ? sur quoi repose la fraternité ?
C’est un théâtre de confrontation que l’on souhaite provoquer afin de chercher ce qui nous relie, à notre frère, à notre sœur, de sang mais aussi d’humanité.

NOTE D’INTENTION

Comme Matheo Alephis se demande « comment aborder un texte fondateur de notre civilisation sans se sentir écrasé ? », la même question se pose pour la mise en scène.
Avant de se laisser aller aux images suscitées par le texte, Anne-Pascale Paris s’est inspirée des versets du chapitre 4 de la Genèse qui racontent l’histoire de Caïn et Abel. En seulement 8 versets, les frères naissent et Caïn tue Abel. Ce qui frappe d’abord, c’est la clarté de l’histoire et la raison évidente qui semble motiver le meurtre : la jalousie. C’est ensuite l’universalité de cette histoire qui, aujourd’hui encore, 3000 ans plus tard, résonne toujours autant. Enfin, le dialogue entre Caïn et l’Univers permet de s’interroger sur le lien entre frères de sang ainsi qu’entre frères d’humanité. Rapidement s’est imposée l’idée de faire entendre le texte de la Genèse en amont de celui de l’auteur Matheo Alephis, les deux œuvres s’éclairant l’une l’autre. Finalement, une troisième partie apporte un éclairage sur l’ancrage actuel de l’histoire du fratricide à l’origine de nos civilisations contemporaines. Entre chaque partie, le meurtre d’Abel par Caïn, pour souligner l’intemporalité de la rivalité fraternelle.
La mise en scène, un parcours chorégraphié pour souligner le meurtre inéluctable qui surgit à chaque étape du texte. Elle met en exergue la violence de la rivalité fraternelle.
La musique sur scène, une évidence pour mettre en valeur le caractère épique de l’histoire. Elle permet également d’insister sur le côté répétitif du meurtre quel que soit le mode de narration.
La scénographie, une arène réservée aux relations entre Caïn et Abel. À l’intérieur, de la matière organique, des copeaux de bois, de la paille. Les musiciens et la comédienne narratrice évoluent autour de l’espace central.

 

 

 

autour du spectacle

Le spectacle peut s’insérer dans un dispositif pédagogique complet. Un dossier est disponible sur demande.

Caïn et Abel, spectacle du Lien Théâtre. © Ernesto Timor (photo et graphisme).

Écriture : Matheo Alephis
Conception et Mise en scène : Anne-Pascale Paris
Musique sur scène : Eléa Force, Iloh
Scénographie : Sabine Algan
Lumières : Davy Dedienne
Avec : Melissa Tucker, Milan Filloque, Kevin Texier
Public : à partir de 11 ans
durée : 1h
Partenaires : Théâtre La Passerelle (Saint-Just Saint-Rambert), Théâtre de la MJC Jean Cocteau (Saint-Priest), Théâtre de la MJC Duchère (Lyon 9), Festival D’Art et D’Air (Lyon 9).
Le Lien Théâtre a l’agrément de l’Académie de Lyon en tant qu’association éducative complémentaire de l’enseignement public.
 

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Photos de création, mai 2022.