Atelier adulte – construction de personnage

Myriam et son minotaure :

  • Minotaure : T’as pas fini
  • Myriam : Ben non je suis pas encore arrivé
  • Minotaure : Tu vas où ?
  • Myriam : A l’endroit où je dois arriver
  • Minotaure : Pour avancer faut bien avoir un but
  • Myriam : Tu vois pas qu’il faut aller la haut ?
  • Minotaure : Quelle idée !
  • Myriam : Y’a quelque chose qui me pousse à aller la haut
  • Minotaure : T’es pas bien derrière ?
  • Myriam : Non
  • Minotaure : Y’a une petite prairie
  • Myriam : On entend des trucs de grue j’en ai marre de ces grues
  • Minotaure : Tu sais c’est bien de temps en temps de s’arrêter et de voir ce qu’il se passe derrière
  • Myriam : Elle va plus vite : [….] Je regarderais en descendant […] allez ici c’est beau là-haut, si tu veux pas me suivre tant pis
  • Minotaure : C’est quand même dommage, y’avait une jolie prairie derrière
  • Myriam : Et bien vas-y. allez va-t-en, ça suffit
  • Minotaure : Mais c’est pour toi que je suis là…
  • Myriam : Tu m’énerve à la fin j’en ai marre d’être suivie
  • Minotaure : Mais c’est pour toi
  • Myriam : Tu retournes à tes œufs durs… tu me demandes toujours des œufs durs, t’as qu’à les faire toi-même
  • Minotaure : Maintenant que tu le dis, je vais peut-être prendre des œufs à la coque
  • Myriam: Tes chaussures elles sont toujours sales à la maison, je dois toujours nettoyer
  • Minotaure : Si tu t’arrêtes je te demanderais plus d’œufs durs et je mettrais des chaussons
  • Myriam : […] Tu peux quand même t’essuyer les pieds, y’a un paillasson en bas
  • Il est partit. Elle a posé son vélo
  • Myriam : Wow le ciel et les arbres ils commencent à bourgeonner, t’as vue les fleurs, y’a plein de pâquerettes, y’a des fleurs de toutes les couleurs, enfin on peut respirer y’a plus tout ce bruits de voiture brrr je vais enfin pouvoir m’assoir tranquille respirer un peu on est bien là au soleil j’entends les oiseaux chanter les herbes murmurer les bêtes qui courent dans l’herbe y’a bien quelques fois des avions qui passent c’est pas trop gênant.
  • Il revient
  • Myriam : Oh le revoilà celui là…
  • Minotaure : Si tu prends 5 minutes pour regarder ce qu’il y’a derrière, je serais là
  • Myriam : C’est pas possible on peut jamais être tranquille dans ce monde
  • Minotaure : T’as raison c’est sympa ici y’a un ptit ruisseau à gauche. C’est dommage j’ai pas d’œuf dur
  • Myriam : T’as qu’à redescendre aller t’en chercher
  • Minotaure : Je voulais te demander avant de partir t’as oublié de régler quelques factures, je sais pas si t’aurais pas le chéquier sur toi ? t’es pas partie avec le chéquier
  • Myriam : C’est pas tes affaires d’abord
  • Minotaure : C’est bien beau de venir ici admirer la nature… si tu regardes pas derrière toi
  • Myriam : Tu peux les payer toi aussi, t’as ta part de responsabilité je t’ai aidé pendant un moment maintenant tu te débrouilles
  • Minotaure : Oui je suis pour le partage égale si tu restes comme ça c’est moi qui vais tout payer
  • Myriam : Ben commence déjà
  • Il disparait
  • Minotaure : Ouf

Masha : (Essai avec Alzheimer)

  • Masha : Bon ils st en retard
  • Fille : Salut maman on s’est retrouvé en bas
  • Masha : Asseyez -vous
  • Fille : On commence par une ptite vodka. Tasrovia
  • Mère : On dit comment
  • Fils : Ben maman
  • Ils boivent
  • Mère : Oh ça me met les idées en place
  • Fille : T’as fait quoi cette semaine
  • Silence
  • Fille : T’as pas donné tes cours de violon
  • Masha : Ah oui j’oubliais
  • Fils : Ça sent le cramé vous sentez pas ?
  • Fille : Toute la semaine je me suis dit vivement vendredi que je mette les pieds sous la table sans enfants et mari
  • Masha : Ah oui je partage ton avis… ton mari je l’aurais pas choisi […] [à son fils] et toi qu’est-ce qui t’arrives tu bois beaucoup ?
  • Fils : […] Ben tu sais je fais comme tous les vendredis un petit footing, donc je bois
  • Mère : Ben là c’est de la vodka
  • Fille : […] ça va t’es sur… c’est ton anesthésie qui te rend bizarre ?
  • Masha : Mon anesthésie… ah oui…
  • Fille : […] t’as un truc un grignoter à l’apéro avec la vodka parce que sans avoir manger…
  • Masha : Je veux pas m’immiscer dans ton couple
  • Fille : Mais qu’est-ce que t’as contre hervé, il est très bien
  • Fils : Elle l’aime pas
  • Masha : Mais c’est pas moi c’est lui
  • […] ils partent…
  • Masha :  Ils me regardent d’une drôle de manière… juste parce que j’ai fait brûler le repas… bon je vais faire mon violon j’aurais personne qui me dit pourquoi tu fais ci, pourquoi tu fais ça ? »

Aïcha :

« t’as vu comment ils sont nos jeunes ? ils tiennent les murs ! y’a rien à bouffer… MISERIA. Petits enfants petits poblèmes. Grands enfants grands problèmes. Surtout ne reviens pas ici, en vacances si tu veux, mais ne reviens pas… toi tu viens avec tes euros et nous avec nos dinards on achète rien… j’ai 5 enfants y’en a aucun à côté de moi… je vies du don des gens, heureusement que les gens sont gentils, l’un m’apporte une galette… je tourne en rond, je tourne en rond… […] et mon mari il est mort j’ai un fils au canada tu crois qu’il m’écrit. Oualou… y’a d’autres enfants qui viennent qui disent maman viens maman… et moi oualou »

Personnage :

« C’est terrible quand on a pas connu son père, on court toujours après quelque chose dans sa vie… le fait de pas avoir de père on est collé à sa mère, ou sa mère à son enfant. Et en plus je suis la dernière et on est 3… ils ont compris, ils sont partis… et moi j’arrive pas à partir. et toi tu peux pas partir parce que tu réalises le projet de ta mère… et moi j’en peux plus. C’est pas moi, c’est pas mon projet à moi. C’est pour ça que j’enseigne, que je donne, que je transmets, pour m’approprier mon moi, qui je suis, où je veux aller […] la voix martiale c’est la bonne voie. Y’a l’art, la créativité et aussi le combat, l’efficacité… et j’arrête d’être en permanence entre ces deux personnages… […] et pourtant elle est toujours là quelque part, elle se raccroche à moi. Plus elle vieillie plus elle s’accroche. Mais bon je prends de la distance, de la hauteur. Et c’est mon choix, mon chemin »

Trois Ateliers jeunes – Construction de personnage

Méthode : Interrogation de personnage : Prénom, quel est votre Labyrinthe (dans quoi on est perdu / dans quoi on se perd), quel est votre minotaure (qu’est-ce qu’il représente), un souvenir heureux, un souvenir malheureux, sa passion, son âge (entre 15 et 20 ans). Qui est son Ariane ?

Jean-François – 15 ans. Passion ? : travailler et gagner des sous en travaillant.

Il passe son brevet. Qu’est-ce qu’il veut faire ? électricien. Un souvenir marquant heureux  : il a réussi le premier brevet blanc. Un souvenir marquant malheureux : Un zéro. Son monstre / contre quoi il se bat ? / qu’est-ce qui le freine ? il n’a pas confiance en lui. Il est perdu dans quoi ? Il a peur de l’échec

Souvenir marquant malheureux :

  • Proviseure : Alors on est bien d’accord, on accueille Jean François qui triche
  • Professeur : J’ai pris rendez-vous avec sa mère et donc il devrait venir. Je vais le chercher. Bonjour
  • Mère : Bonjour
  • Proviseure : Bonjour Madame, je suis la proviseure
  • Mère : Je suis la mère de Jean-François
  • Proviseure : Bonjour Jean-François. Asseyez -vous. Nous nous sommes réunis avec Mr Dugrand. A priori Monsieur Jean-François aurait triché à sa dernière évaluation. Nous sommes obligés de sanctionner.
  • Jean-François : Y’a combien d’élèves qui ont triché
  • Proviseure : On parle de ton cas pas celui des autres. Nous devons prendre des sanctions
  • Mère : Pourquoi vous ne lui refaites pas l’examen
  • Proviseure : On constate que votre fils est exigeant, il met la barre très haute. C’est pas si simple que ça. C’est pendant le brevet qu’il a triché
  • Professeur : J’ai pris en Flagrant délit Jean-François en train de tricher.
  • Proviseure : On est là pour trouver des solutions car il est proche de la sortie
  • Jean-François : Je ramène pas mes cahiers pendant les contrôles
  • Proviseure : Ton professeur a constaté à plusieurs reprises que tu avais de très bonnes notes
  • Jean-François : Je ramène jamais mon cahier pendant les contrôles
  • Professeur : C’est un brevet d’une haute difficulté. Ça m’a intrigué… il a pas compris… Comme il avait des bonnes notes. Il a pas voulu baisser.
  • Proviseure : On va trancher. A partir de demain Jean-François tu vas repasser tout tes examens. Si on se rend compte que tes notes sont en dessous il y’aura sanction. C’est bon pour vous Madame.

 

 

Djenna – 18 ans

Elle veut être éducatrice de jeunes enfants et maître-chien. Sa famille ? Une jumelle, un grand frère, une mère et pas de père. Originaire de la ville. C’est quoi son labyrinthe ? Ne pas réussir à faire son métier. Peur de la concurrence. Son souvenir marquant heureux ? la dernière fois qu’elle a vu son père. Son souvenir marquant malheureux : quand son père les a abandonné. Son  Minotaure ? le Père.

Scène

  • Père : Djenna
  • D : MMM
  • Est-ce que tu me reconnais ? je t’ai donné rendez-vous dans un parc aujourd’hui… je peux m’asseoir
  • D : Ben assis toi
  • Père : Alors comment tu vas ?
  • D : Ben bien
  • […] Père : Tu peux m’en vouloir. C’était une période où j’allais pas très bien
  • D : Oui on l’a remarqué enfin MA mère l’a remarqué
  • Père : Ça t’a fait du mal
  • D : Pour moi t’es plus mon père. T’as fait du mal à ma mère, à mon grand frère
  • Père : Je comprends, oui tout à fait, j’ai fait n’importe quoi, n’importe quoi
  • D : Ben oui
  • Père : Partir… égoïste… à ce moment- là je n’étais pas bien
  • D : Pourquoi t’as fait ça
  • Père : Des soucis
  • D : Quels soucis ? J’ai 18 ans tu peux tout me dire…
  • Père : Des problèmes financiers… Je pouvais pas vous en parler…
  • D : Et alors ma mère pouvait s’occuper de nous… tu pouvais rester nous surveiller
  • Père : Tomber dans l’alcool, de me droguer, faire n’importe quoi… de partir pour éviter de vous mettre en danger
  • D : T’as bien fait de partir
  • Père : Je suis venu aujourd’hui…
  • D : Pour créer du lien… c’est une blague ! je sais maintenant, je sais tout
  • Père : J’aimerais savoir comment ça se passe pour toi, comment ça se passe à la maison…
  • D : T’es mon père ?
  • Père : C’est peut-être un peu tôt ?
  • D : Ma famille maintenant c’est ma mère ma sœur et mon grand frère
  • Père : C’est définitif
  • D : Ma mère elle a rencontré quelqu’un d’autre
  • Père : Bien sûr qu’elle a raison. Pourquoi t’as accepté de me rencontrer ?
  • D : Je voulais savoir qui t’es… te voir une fois dans ma vie… et c’est ma mère qui m’a forcée… peut-être que si elle m’avait pas forcée, je serais pas venue…
  • Père : Et quand t’étais petite
  • D : Je me rappelle pas… t’as autre chose à dire
  • Père : Je vais te laisser un peu de temps pour réfléchir
  • D : J’ai plus envie de voir… tu m’as abandonné, je vais t’abandonner…

Emilie Bonnatier : « j’ai une sœur jumelle… c’est elle mon minotaure…  toujours quand elle est petite c’est elle la préférée. J’ai 19 ans ».

A pôle emploi :

  • Françoise (la sœur) : Bonjour c’est pour le poste de secrétaire.
  • Conseiller à l’accueil : Je vous donne ça et vous allez attendre. Vous êtes le numéro n°56
  • Conseillère : numéro 56. Mzelle Bonnatier. J’ai déjà vu ce nom quelque part
  • Françoise (la sœur) c’est pas possible
  • Conseillère : vous n’auriez pas une sœur ?
  • Françoise (la sœur)  non
  • Conseillère : c’est marrent j’avais rendez-vous avec une…
  • Françoise (la sœur)  ah bon ? elle devait faire quoi comme métier
  • Conseillère : non laissez tomber… je vois que vous postulez pour un poste de secrétariat… vous avez les compétences
  • Françoise (la sœur)  j’aime rencontrer des gens
  • Conseillère : ça serait pour être secrétaire dans un hôtel. Ça vous plairait ?
  • Françoise (la sœur)  oui
  • Conseillère : très bien je vais les appeler… Michel tu peux les appeler ? on a trouvé la candidate idéale
  • Michel : c’est ton dernier rendez-vous là ? c’est tout ? oui bon t’as 25 rendez-vous demain.
  • Conseillère : bon rendez-vous, je suis très heureuse pour vous
  • Entrée d’Emilie.
  • Emilie : Bonjour c’est pour trouver un travail.
  • Michel : Il me faut votre carte d’identité. C’est quoi votre nom ?
  • Emilie Bénatier
  • Michel : Attendez j’ai un truc très étrange… (il va voir la conseillère) y’a une Emilie Bennatier
  • Conseillère : Oh merde je me suis gourée de personne. Tu pouvais pas me le dire toi ?
  • Michel : Ben comment tu voulais que je le fasse, voici ton carnet de rendez-vous ?
  • Conseillère : Ben oui mais t’écris trop mal
  • Michel : C’est trop tard, Françoise commence demain
  • Conseillère : Bon on va oublier l’histoire, t’as rien vu rien entendu
  • Michel : C’est trop tard.
  • Emilie rentre dans le bureau
  • Conseillère : Bonjour
  • Emilie : Bonjour
  • Conseillère : Quoi de neuf ? on devait se voir aujourd’hui pour un poste… malheureusement le poste est pourvu. L’hôtel a fait des recherches de son côté
  • Emilie : Comment je vais faire ? je suis en liste d’attente et maintenant vous me dites que je peux pas être prise. Je veux voir votre responsable
  • Conseillère : Il est pas là. Je vais vous trouver autre chose…
  • Emilie : Je veux être secrétaire dans un hôtel
  • Conseillère : Vous me parlez pas comme ça. C’est pas possible, c’est pas possible…
  • Emilie regarde le carnet de rendez-vous
  • Emilie : Mais attendez c’est marqué Bénatier (elle regarde le carnet de rendez-vous et Michel rentre le reprendre : j’ai oublié mon classeur). Mais c’est ma sœur jumelle… qui a eu le poste… obligé c’est ma sœur… elle va avoir de gros prbs…
  • Conseillère : Michel c’est la fermeture

Après le rendez-vous à Pôle Emploi. La scène se passe chez Emilie, qui de colère, balance ses chaises…

  • Emilie : Pourquoi elle a pris mon travail elle…
  • Ariane : Françoise
  • Emilie : T’es qui toi ?
  • Ariane : Tiens t’as pas cassé celle-ci. Tu veux que je t’en rapporte d’autres ?
  • Emilie : Vas y vas y
  • Ariane : C’est aux choses que t’en veux
  • Emilie : J’en veux à toi, à elle allez ramène moi une table
  • Ariane : Et après t’auras plus de table… […] Alors tu te sens mieux ou pas
  • Emilie : Non
  • Ariane : T’as l’impression que ça a changé quelque chose
  • Emilie : Tais toi. Je vais la crever, je vais lui prendre ses boucles d’oreille, va me la chercher…
  • Ariane : Tu peux préparer ce que tu vas lui dire ? je te préviens que si t’es agressive avec elle, elle disparaît et tu la reverras plus
  • Emilie : Je vais la prendre, la mettre
  • Ariane : Lui découper un doigt, lui crever un œil, ça va être super bien
  • Emilie : Ramène la moi
  • Ariane : A une condition que tu sois sincère
  • Emilie : Ouai je vais lui exploser la bouche
  • Françoise entre en scène
  • Emilie : Tu me l’as ramené. Ahh bonjour…
  • Françoise : Je vois que t’as pas appris à faire le ménage. Qu’est-ce qui t’arrive… c’est toi qui m’a dit de venir
  • Emilie : Je vais casser la chaise sur ta tête. Assieds-toi…
  • Françoise : Je veux que tu t’asseyes avec moi […] c’est bon je suis assise
  • Emilie : Tu m’appelles pas, je te parle pas
  • Françoise : Bon j’y vais…
  • Emilie : Barre toi
  • Françoise : On en reste là ? on se voit plus jamais ? ok salut
  • Ariane revient : Tu m’as appelé ?
  • Emilie : Je t’ai appelé pour lui scotcher la bouche
  • Ariane : Je suis pas à tes ordres
  • Emilie : T’es ma chienne
  • Ariane : T’as réussi à parler avec ta sœur
  • Emilie : Tu peux te taire […] Je vais casser toute la maison
  • Ariane : tu sais où tu vas te retrouver ? En prison ! En fait ton problème, tu sais pas régler les choses
  • Emilie : Ouai tu vas te taire…
  • Ariane : Tu peux me balancer des trucs… Tant que t’auras pas décidé de parler sans rien casser dans ta vie tu vas tout rater… je te donne une occasion de parler à ta sœur… [t’en auras pas d’autres ]
  • Emilie : Y’a pas de sœur, y’a rien du tout… tu vas me chercher un couteau, une arme je vais la planter ! t’y vas
  • Ariane : Non j’irais pas… la violence va régler ta vie… c’est le choix que tu fais pour ta vie Emilie…
  • Emilie : Tu vas me chercher une arme
  • Ariane : C’est non… tu te débrouilles toute seule

 

Igor :  Son Labyrinthe : sa famille. Scène chez son père

  • Père : T’as vu c’est jolie ici. Allez rentre, fait pas le timide. Tu vas pas rester sur le paillasson. Tu vas dormir avec ton « frère » dans ta chambre, euh dans sa chambre
  • Demi-Frère : Allez viens suis moi je vais te la montrer
  • Père : Ils font déjà connaissance c’est bien. Vous avez faim ? tu ressembles à ta mère… t’es timide hein… (à Kevin qui se montre insolent) toi va dans ta chambre. T’as passé une bonne semaine ? t’as fait quoi à l’école ?
  • Igor : Ben travailler
  • Père : Kevin, c’est bon revient, tu t’es calmé
  • Kevin : T’es même pas mon papa
  • Père : Bon on a parlé combien de fois de ça. (à Igor) Lui il fait le timide et il veut rentrer chez lui ? (à Kevin) et toi tu veux me virer ? c’est moi le père ici, c’est moi qui domine ok ? un fils cassos comme sa mère… […] bon vous voulez regardez la télé ? faire un monopoly ?
  • Igor : je sais pas
  • Kevin au Père : j’te rappelle que t’es dans l’appart de ma mère…
  • Igor : il est beau le chat… (ll commence à sortir tous les jeux)
  • Engueulade Kevin-Père : c’est moi le père ici, tu exécutes les ordres… allez allume la télé ! le match va commencer… allez bonne nuit
  • Kevin : casse-toi
  • Igor : je peux dormir dans la niche du chien ? dans le placard à balais ?
  • Père : c’est nul les gamins, ça sert à rien

Paul : Son Labyrinthe : L’orphelinat. Sa passion : le bâteau

  • Ariane : Tu t’ennuies Paul
  • Paul : Ouai c’est qui ? bonjour
  • Ariane : Ils sont tous partis
  • Paul : Oui et ils m’ont même pas dit au revoir en plus
  • Ariane : Tu les aimais bien ?
  • Paul : Oui, je vais partir bientôt…
  • Ariane : Tu vas aller où ?
  • Paul : A la mer, je vais passer le permis bateau
  • Ariane : C’est un bon plan mais ça va pas être possible. T’as encore des choses à vivre. [..] Pourquoi t’es là Paul ?
  • Paul : J’ai été abandonné là
  • Ariane : Ferme les yeux j’ai quelque chose pour toi. Tu peux ouvrir les yeux je te présente ta mère
  • Mère entre
  • Paul : Bonjour
  • Mère : Bonjour. Je t’imaginais pas aussi grand
  • Paul : Normal tu m’as abandonné il y’a 13 ans
  • Mère : Tu te rappelles de quelque chose avant
  • Paul : Le premier jour où je me suis retrouvé devant la porte
  • Mère : Tu te rappelles la porte de l’orphelinat et avant tu te rappelles de rien ?
  • Paul : La plage
  • Mère : Tu te rappelles que tu voulais rester en chaussette sur le sable. Tu faisais tout un patacaisse
  • Paul : Le sable était chaud
  • Ariane : Ferme les yeux
  • Paul : Encore
  • Ariane : Ouvre les yeux
  • Père entre / Mère sort
  • Père : alors qu’est-ce qu’il se passe ? Comment ça se passe dans l’orphelinat ?
  • Paul : Je suis tout seul y’a personne tu peux partir
  • Père : Tu m’as appelé. Je suis venu.
  • Paul : Vous m’avez abandonné
  • Père : On t’as abandonné pour une chose
  • Paul : Pourquoi vous aviez plus d’argent ?
  • Ariane : Ferme les yeux / ouvre les yeux. Sophie ta meilleure amie elle va arriver dans l’orphelinat et vous allez devenir amie jusqu’à la fin de votre vie. Vous allez vous entendre comme des meilleurs amis. Elle va faire son entrée dans l’orphelinat. Elle est très triste car elle va d’orphelinat en orphelinat et personne veut l’adopter
  • Sophie : j’en ai marre je suis jetée de partout
  • Paul : De toute façon y’a personne ici y’a que moi
  • Sophie : Comme si on était rejeté de tout
  • Elle se fige
  • Ariane : Mais console là tu vas pas la laisser pleurer dans son coin
  • Paul : Mais je la connais pas
  • Elle se défige
  • Paul : T’inquiètes on est bien ici. Prends ma chaise t’inquiètes.

Vendredi 9 mars – Construction de personnage – atelier adulte

Méthode : Rencontre entre personnages / ou Focus sur une situation passée du personnage

Myriam :

  • Allez rentre Myriam j’ai fait du feu. M’en parle pas ! société de merdre. Tu veux du thé ?
  • M : Oui je veux bien ça fait mal à la gorge
  • A l’ancienne… on est écolo ou on l’est pas… t’es tjrs sur ton vélo ? ah je suis admiratif, je peux plus en faire…
  • M : On entend les oiseaux… quand on monte un peu on voit le ciel
  • Pourquoi tu viens pas vivre ici ? on cueillera des champignons
  • M : Je dois toujours aller soigner ma mère et m’occuper de mes petits neveux
  • Oh mais c’est vrai comment ils vont ?
  • M : Ils marchent bien
  • Ben ils ont plus besoin de toi… et pourquoi t’habites pas ici et t’irais les voir
  • M : Ici c’est loin…
  • Mais pas tout le temps, c’est trop raide….
  • M : T’as pas internet…
  • C’est ça la liberté… je paye pas l’eau, je la pique chez le voisin… tu veux de la salade… allez raconte moi la ville, tu vas au cinéma
  • M : Rarement… plutôt voir des reportages
  • Et la maman comment elle va ?
  • M : Elle est pas très bien, faut la soutenir
  • Tu vies avec elle ?
  • M : Elle veut absolument vivre toute seule
  • Elle a des amis, une infirmière…
  • M : Non elle veut rester toute seule…
  • Sacré caractère… telle mère telle fille… t’as pas rencontré de petits copains…
  • M : Non… s’adapter à l’autre…
  • T’as pas un compteur à vélo… tous les jours en vélo… et quand il pleut ? tu dois avoir une forme incroyable… t’as jamais fumé toi… Et pour la suite ? on va pas fini seul chacun de notre côté… tu vas pas venir que de temps en temps… je te dis pas pour faire à manger…
  • M : J’aurais l’impression d’être trop dans la nature
  • Un peu de nature mais pas trop quand même… En plus t’habites dans des grands machins, un voisin au-dessus, un voisin au-dessous
  • Et à côté…
  • […] je sais pas comment tu tiens… […] pourquoi tu viens pas vivre avec moi ?
  • j’ai besoin de mouvements, ça me stimule

Mélina :

  • M : Bonjour Monsieur
  • Je viens choisir un cercueil pour mon frère, il est mort
  • M : Vous connaissez un peu notre entreprise de pompes funèbres ?
  • Non pas du tout, l’hôpital est en face
  • M : Notre devise : la mort n’est pas un luxe… ça permet de faire en sorte qu’il y’ait un enterrement
  • Il est mort d’un cancer, il a jamais fumé…
  • M : Il avait un peu préparé sa mort ?
  • Très peu…
  • M : Un cercueil comme ça, ça vous conviendrait ?
  • Mon frère était un peu copulant… […] Vous êtes pas trop dans l’affect
  • M : Ben vous savez j’en enterre tous les jours… On a des cercueils de toutes les tailles
  • Il fait 1,80. (il teste en entrant dans le cercueil). Il va pas être très bien. Et ces fleurs… c’est possible un recouvrement, noir… il aime le noir
  • M : Je m’en occupe plus du recouvrement… si vous mettez un peu plus…
  • Là je vois obsèques complète (sur la vitrine)… vous vous occupez du discours…
  • M : Non pas du discours, on peut trouver la salle… passer des photos… enfin personnellement je trouve ça glauque
  • C’est la première fois
  • M : C’est vrai que la première fois on est toujours surpris
  • Et en plus je suis célibataire, j’ai des enfants… et si je reviens vous pourriez m’aider avec les papiers
  • Ah non !
  • [Il sort – Un autre personnage entre : le boss ]
  • M : Vous trouvez pas qu’on enterre à tour de bras…
  • [Boss sort – Mélina est à Pôle Emploi :
  • M : Avant je faisais autre chose, j’habillais les cercueils
  • Et qu’est-ce que vous aimeriez faire ?
  • M : Je sais coudre, j’ai une connaissance profonde des tissus… je travaillais dans la mode… j’étais une petite main dans la mode
  • J’ai un truc mais… c’est un vétérinaire qui a créé ça. J’ai vu qu’il y’avait des gens qui voulaient des cercueils pour les oiseaux, les animaux… il cherche des gens
  • M : C’est encore des cercueils…
  • Sinon trapéziste ? Ah sinon j’ai l’Intermarché du coin qui cherche une caissière… sinon les cercueils pour animaux ? Il cherche un responsable cercueil vente animaux. 2500 € (de salaire)
  • M : C’est pas un taré ? les tarés c ma spécialité
  • […] Je vous donne le contact, Monsieur Carlier…

Vendredi 2 mars – Construction de personnage – atelier adulte

Méthode : interrogation de personnage : Prénom – Classe sociale – Volontaire ou pas Volontaire – Meilleur / Pire Souvenirs

Anita – 23 ans – votre passion : la danse

« Je ne pratique plus la danse je dois me concentrer sur mon avenir, je dois laisser tout ce qui pourrait gâcher ma future vie professionnelle. Je veux être avocate (Je suis  en 2ème année de fac de droit). D’après mes parents je ne peux pas faire les deux »

 

Mélina – 50 ans – votre passion : Les Tissus, le cinéma, les fleurs

« J’ai deux enfants. Je travaille dans les pompes funèbres.  C’est un milieu plutôt masculin. J’habille les cercueils. »
Masha  – De Moscou. A connu la révolution d’octobre. Je vivais à côté du Kremlin. Passion : la musique, la lecture

« Dans mon pays il y’a eu pleins d’évènements (la révolution, le communisme, le stalinisme). Je travaillais au théâtre du Bolchoï  J’étais artiste, musicienne, je jouais du violon. Ça ne se perd pas. J’ai fui le stalinisme, au moment des purges. J’étais seule. J’ai été enseignante au conservatoire à Paris (de violon). L’école russe est très célèbre. »

 

Hermès – 30 ans – Passion : Dessin et l’ordi

« Je m’appelle Hermès. J’ai 30 ans. Je construis des ordinateurs, je fais de l’informatique. J’ai fait une formation en infographie, création de l’image, logo… j’ai beaucoup dessiné… au crayon… Pas d’enfants, je suis encore jeune.

L’informatique c’est aussi du sérieux, de la rigueur, s’acharner sur le travail… »

 

Myriam – 16 ans – Passion : le vélo

« J’adore le vélo. Faire du vélo… Dès que j’ai un moment, je saute sur un vélo. J’ai un vélo de courses… 21 vitesses. Dès que je peux… bien sûr il faut faire les devoirs, un peu étudier… mais dès que je peux… D’où ça vient ? j’aime la liberté, respirer…  je peux aller dans mon rêve à moi… c’est quoi votre rêve à vous ? Le ciel bleu, les arbres qui bourgeonnent ou qui perdent leurs feuilles, la Saône qui est en train de monter et qui va tout débarouder…  les plantes aussi… »

Mercredi 28 février – construction de personnage – atelier jeune

Méthode : Construction des personnages avec un jeu de l’oie et par une interrogation de personnage

Paul

  • Il n’est pas volontaire pour aller dans le labyrinthe
  • Famille moyenne
  • Il vit plutôt en banlieue
  • Il n’a plus ses parents – il vit à l’orphelinat
  • Son souvenir le plus heureux : le dernier souvenir qu’à de ses parents
  • Son souvenir malheureux : lorsqu’il est déposé à l’orphelinat
  • Sa passion : le bateau et la mer. Il veut être capitaine d’un bateau.
  • Son minotaure : Il se bat pour quoi ? pour oublier ses parents.
  • Son labyrinthe : Dans quoi il est perdu ? L’orphelinat

Case 18 – Tu rencontres ta mère.

  • Bonjour Paul
  • Vous êtes qui ?
  • C’est maman. Bonjour Paul. Tu viens pas m’embrasser ?
  • Ben non
  • Tu veux pas embrasser ta mère ?
  • Tu m’as abandonné
  • Bonjour Paul. Viens viens avance. T’as grandi. Avance, avance
  • Je deviens fou ou quoi ?
  • Avance t’inquiètes pas. Est-ce que tu aimes toujours la purée ?
  • J’ai jamais aimé la purée
  • […] Pourquoi tu veux pas me parler
  • Tu m’as abandonné quand j’avais 4 ans
  • Je suis désolée à l’époque j’avais pas le choix […] Paul quand t’es né je voulais pas ça… quand tu es né.. plus tard ne pas m’occuper de toi. […] Paul ! je pense à toi tous les jours. Paul ! je sais que tu penses à moi aussi… Paul Paul ! j’ai pas voulu… c’est pas ça que je voulais Paul. J’aurais au moins pu te laisser une lettre mais je l’ai pas fait. J’aurais pu te laisser une photo mais je l’ai pas fait
  • Pourquoi tu m’as abandonné ?
  • Parce que j’arrivais pas à m’occuper de toi
  • Pourquoi ?
  • J’y arrivais pas je sais pas
  • Pourquoi ?
  • J’y arrivais pas c’est moi c’est pas toi
  • C’est une simple question : pourquoi ?
  • Je t’en supplie dis-moi quelque chose…
  • Ben ça va. Ça fait longtemps.
  • T’es content ? t’es bien dans, dans…
  • Ici non !
  • Tu te rappelles de la dernière lettre que tu m’as envoyée, que j’ai reçu
  • Comme les autres
  • Tu peux me dire ce qu’il y’avais écrit
  • J’ai oublié
  • Bon tu vas me parler oui ou non
  • Non
  • 3hs passent (elle le suit)
  • Quoi encore !!
  • Je peux te prendre la main (elle le prend par la main)
  • C’est bon….
  • Est-ce que tu penses à moi des fois
  • Un peu
  • A quoi tu penses
  • A quand j’étais petit
  • Vas -y raconte
  • non
  • s’il te plait
  • non
  • c’était déjà ça quand tu étais petit ! y’avait pas moyen que tu t’exprimes et que tu dises ce que tu ressentais. T’étais un enfant pénible vraiment j’en avais ras le bol de toi. Paul paul paul Paul P.A.U.L paul paul P.A.U.L paul paul paul
  • j’en ai marre

IGOR :

  • 17 ans. Il est au Lycée. Il a réussi ses stages dans la physique / chimie.
  • Famille de classe moyenne. Son père et sa mère ont divorcé. Configuration familale : Un beau-père. Une sœur et un frère. Une demie- sœur. Il vit avec sa mère et son frère et son beau-père. La sœur est avec le père. Mère : cuisinière chez top chef.
  • Il vit en banlieue.
  • Il n’est pas volontaire pour rentrer dans le labyrinthe.
  • Son souvenir heureux : quand sa famille était réunie.
  • Son souvenir malheureux : quand ses parents divorcent.
  • Son Minotaure / ce qu’il doit combattre : son père. Le divorce ? c’est à cause du père.
  • Son Labyrinthe : Sa famille.

CASE 5 : Vous avez plusieurs choix devant vous, racontez les nous …

  • Ah c’est fermé… Qu’est-ce que je vais faire. Aller là ? je sais plus où je suis. Ah non, on dirait que je me retrouve dans ma tête. Où suis-je. Y’a qq’un
  • Mère : Igor !
  • Bonjour maman
  • Mère : Entre, viens, t’as passé une bonne journée ? je voulais te dire… T’es grand maintenant…
  • C’est par rapport à papa c’est ça ?
  • Mère : Comment t’as deviné […] Tu sais qu’il est partit… je dois te dire que j’ai rencontré quelqu’un d’autre…
  • Blanc
  • Mère : Il s’appelle José. Tu auras une nouvelle famille, t’auras deux sœurs et un frère. Faut que je te laisse maintenant…. (elle sort)
  • José quel prénom ! si elle m’entend je suis mort, maman ?
  • Mère : Je suis partie, je suis dans la cuisine
  • Le père entre
  • Ah
  • Père : Jte fais peur
  • Qui êtes- vous ?
  • Père : Je suis ton père
  • Qui m’a abandonné ? qui a divorcé avec ma mère ? Ne me fais pas de calin c’est que de la haine et de la méchanceté…
  • Mère rentre : je te présente José mon amoureux
  • C’est qui les filles ?
  • Mère au père : toi tu sors de chez moi, tu es…
  • Lâche maman ! lâche maman avec tes histoires ! c’est toi qui va m’écouter ! pourquoi t’as divorcé avec maman ? […] Ne tiens plus la main à maman t’as divorcé, c’est fini maintenant…

STAGE INTER-GROUPE – FEVRIER

 

J1 :

CONSTRUCTION DE PERSONNAGE : Construction des personnages avec un jeu de l’oie « grandeur nature » et la matérialisation d’un labyrinthe sur la scène du théâtre. Les participants ont eu « des défis » (comme dans un jeu de l’oie) : ce qui permet d’étoffer leur personnage : pourquoi sont-ils dans le labyrinthe ? qui est leur « minotaure » (contre quoi doivent-ils se battre ?) qui est leur fil d’ariane ? (ou comment l’obtienne-t-ils ?) etc.

 

Case 19 – l’hôtel (repos) – deux souvenirs de jeunesse

  • Père : Houssman sort de la douche
  • C pas houssman
  • C’est comme ça que tu parles ton père
  • Mon père ? Vous êtes pas mon père
  • Pourquoi t’es pas partie de la maison ? Expliques moi qu’est-ce qui s’est passé avec Jacques
  • C’est rien…. Attends mais t’es encore le diable ? cette fois ci ça va pas marcher…
  • Parles moi de toi et Jacques
  • Déjà on se connaît pas. Quoi ? tu veux ma photo ou quoi ?
  • Qu’est-ce qui s’est passé entre toi et Jacques
  • Je sais pas… on se connaît pas Monsieur. Vous êtes le diable
  • Si je suis le diable, je connais la réponse. Je suis ton père et j’attends une réponse. Tu fais quoi dans cet hôtel
  • Je me repose
  • De quoi ? tu fais rien. Et qui le paye ? tu penses pas que je sais que tu as pris ma carte de crédit. Et ta mère ?
  • Mon père me parle jamais comme ça
  • Ton père te parle comme ça car on sait pas ce qui t’arrives… tu t’embrouilles avec ton meilleur ami, tu prends ma carte de crédit etc.

 

Case 2 – le revenant essaye de persuader son interlocuteur qu’il ne faut pas aller au centre

  • Putain, à chaque fois ça se ferme… Tu fais quoi là ?
  • Je fais ce que je veux
  • […] Ah mais si ça se trouve vous êtes un mort qui ne savez pas que vous êtes mort… alors ceux là c’est les pires. Ils reviennent pour faire chier et ceux là j’en veux pas. Bon vous me laisser passer. C’est chez moi ici, c’est moi le Labyrinthe, je suis là pour enterrer les morts et faire mon boulot… Et pourquoi tu veux pas que j’aille enterrer les morts ?
  • Je fais ma tête de chameau
  • C’est un caprice ?
  • Tu vas pourrir sur place
  • Ah mais j’ai tout mon temps
  • […] Peut-être c’est une grève surprise ?
  • […] Je vais pas te laisser passer ou tu me fais un bisous
  • Tu me harcèles maintenant… obsédé, j’embrasse pas les têtes de chameau. Oh mais t’es cinglé… c’est pour moi… Allez c’est dimanche… j’ai ma petite fille je peux peut-être aller la chercher après
  • Je te vois dans la détresse
  • Non j’ai affaire à un con […] Si tu veux je te maquille
  • Allez passer madame…
  • Allez y’a pas grand-chose à faire… tu vas être beau

 

Case 58 – vous devez recommencer la partie…

  • Ah mais c’est pas possible vous devez recommencer depuis le début
  • Mais j’ai pas fait tout ça pour rien
  • Mais on fait jamais les choses pour rien… Et vous vous attendiez à quoi ? Ah devenir adulte… ah mince mais c’est pas comme ça que ça arrive… […] Vous allez retourner dans votre famille ? […] Et vous avez un amoureux ? des fois ça aide à devenir un peu adulte… Y’a peu de gens qui le prennent comme vous… Camille, faut y aller les portes vont se refermer…

Case les pendus (c’est qui les pendus aujourd’hui ? )

  • Pourquoi tu vas là- bas ?
  • Pour convaincre le monde
  • Femme en burn out : Mais quel monde ? j’en ai marre de ce monde, j’ai plus de jus, j’ai plus rien, ça va pas durer longtemps
  • Mais on peut sortir de ça ?
  • Mais comment ? je tombe malade ? je me mets au chômage ?
  • Femme au chômage : Au chômage ça revient au même
  • Femme en burn out : C’est bien ce que je dis ! je suis angoissée, je dors pas la nuit, on met trop de pression.
  • Femme au chômage : Au chômage aussi t’as la pression
  • Quelle pression ?
  • Femme en burn out : On te donne du travail que t’arrives pas à faire, et quand t’arrives à le faire on change tout, le logiciel, le management…
  • Femme au chômage : Moi je cherche du travail et je trouve rien
  • Femme en burn out : Soit c’est ça, t’as pas de qualification soit t’es trop qualifiée et on te presse comme un citron…
  • Femme au chômage : Et pourtant la volonté elle est là et le courage aussi…

Case : Le monde rêvé des personnages (impro collective) :

  • que mes enfants se servent de ma mort pour changer le monde
  • Camille : un monde où tout le monde serait joyeux
  • que resplendisse toujours une belle lumière
  • je sais pas
  • ça serait d’aller raconter des histoires à mon petit- fils, comment le monde est beau… j’aimerais tellement raconter à mon petit – fils de très belles histoires
  • de trouver le chemin entre l’ombre et la lumière, le ciel et la terre,
  • d’avoir tout le temps de la chaleur et de la musique et de pouvoir faire toujours ce que j’ai envie de faire
  • que mes parents reviennent et qu’on puisse se pardonner
  • d’être solidaire et de passer des bons moments
  • Mr Rose: aimons nous les uns les autres
  • Ami de jack: avoir beaucoup d’argent, me marier un jour et dire à mes enfants que jack était un mec bien, super gentil avec moi
  • plus juste
  • plus de confiance et moins de trahison
  • Plus d’argent, riche, riche

J2 : 

CONSTRUCTION DE PERSONNAGE : Construction des personnages avec un jeu de l’oie « grandeur nature » et la matérialisation d’un labyrinthe sur la scène du théâtre. Les participants ont eu « des défis » (comme dans un jeu de l’oie) : ce qui permet d’étoffer leur personnage : pourquoi sont-ils dans le labyrinthe ? qui est leur « minotaure » (contre quoi doivent-ils se battre ?) qui est leur fil d’ariane ? (ou comment l’obtienne-t-ils ?) etc.

 

Case : Fil d’ariane

  • P1 : Je vais pas y arriver, là je sens que je perds le fil… ça me coûte de le dire…
  • P2 : Moi je me rappelle plus du tout où est enterré ma mère
  • P1 : Je vais pas y arriver
  • P2 : Plus du tout et ça se ressemble ! Peut-être qu’il faut que j’appellle ? je vais passer pour une nouille
  • Entrée d’une femme : Je suis la mère universelle. je suis là. Je peux t’aider
  • T’es pas ma maman
  • Femme : Elle te dit : vie. Tu es après ta maman tout le temps. Vie. Ta maman repose en paix
  • P1 : C’est quand mon tour ?
  • P2  : tu veux pas t’occuper d’elle ? ça a l’air urgent
  • P1  : pourquoi c’est toujours elle qui passe avant ? genre ces problèmes sont plus graves que les miens. Genre
  • F : c’était pas facile…
  • P1: j’étais la plus grande et y’en a 8 à la maison
  • F : je suis la mère universelle, celle qui guérie. Votre mère elle a fait ce qu’elle a pu
  • [les filles se disputent]
  • F : Je vous montre la tombe de votre mère si vous vous réconciliez
  • Mère arrive : bonjour ça va ?
  • P1 : qu’est-ce que tu fais là ?
  • P2 : bientôt va y avoir toute la famille on va s’éclater
  • Mère : je suis la mère de ces filles qui se disputent toute la journée
  • P1 : et moi j’ai pas mal à la tête ? […] Avec 8 pères différents
  • F : j’étais en train de dire que votre aînée était là pour vous soutenir
  • P1 : ben c’est normal t’étais pas là
  • Mère : et j’étais où ? au travail !
  • Mère disparaît
  • F : et si elle te filait des torgnoles c’est qu’elle pouvait pas autrement
  • P2 : tu comprends elle nous a manqué quand on était petite, et qu’elle était pas là et là ça continue
  • F : de temps en temps elle apparaît pour vous aider
  • P2 : super ! ça nous aide !
  • P1 […] : moi ce qui m’a manqué c’est jouer à la marelle
  • P2 : et toi la mère universelle tu sais jouer à la marelle
  • F : oui je joue
  • Elles jouent ensemble
  • F : moi je suis la parenthèse, elles jouent toutes les deux et ne pensent plus à leur mère

 

Case – Fil d’ariane

  • chams chams où es- tu ?
  • Je suis un peu coincée
  • Je suis là pour t’aider beaucoup chams … Ma chems, je te cherche qu’est-ce que tu as fait depuis 2 jours ? tu m’as inquiétée
  • Je suis là.
  • Explique moi tu as l’air bouleversée.
  • J’essaye d’aider les femmes qui souffrent et j’y arrive pas toute seule
  • Mais qu’est-ce qui t’as pris ?
  • Divorcées, dans la misère, personne ne s’en occupe
  • Je sais chems, on va en parler toutes les deux… mais je t’ai pas élevé comme ça… pourquoi tu vas aider les femmes alors que tu t’aides pas toi-même !
  • Elles sont dans la souffrance
  • Comme tu veux que je t’aide…
  • Elles sont à la maison
  • QUOI ? C’est pas parce qu’on est dans la misère qu’on est honnête
  • Mais elles souffrent…
  • Oui tout le monde souffre et comment tu les aide t’as pas un rond.
  • Oui mais je les aide autrement
  • Ecoute chems y’a des assistantes sociales. Tu crois q…
  • Y’en a qui disent rien !
  • Peut-être qu’il y’a des malfrats parmi elles
  • Mais je les connais, je les rencontre
  • Je t’ai pas éduquées et t’ai fait faire des études pour que tu fasses n’importe quoi
  • Pourquoi tu as peur ? tu es une femme
  • Ben je les aide
  • Et comment ?
  • J’écoute la radio et je regarde la télé

 

Case : confrontation avec le minotaure

  • Mère : C’est toi ?
  • Fille : Tu fais quoi là ?
  • Mère : suis à ma place. Bonjour d’abord. Je t’ai entendu depuis un moment avec ta manière et ton chewing gum
  • Fille : Et ?
  • Mère : Je sais pas
  • Fille : Tu vas savoir…. Pousse toi y’a pas assez de place pour nous deux
  • Mère : Tu m’as jamais parlé comme ça
  • Fille : Je te parle pas déjà
  • Mère : Tu crois que c’est facile pour moi. […]
  • Fille : hausse pas le ton sur moi […] Allez j’ai chaud pousse toi… je fais ce que j’ai à faire et c’est bon
  • Mère : T’étais où jusqu’à présent
  • Fille : T’était où toi ? Et toi ? t’étais pas là pourquoi tu parles avec moi ? Donc tu veux pas te pousser ? je veux que tu sortes de l’endroit…
  • Mère : Que tu le veuilles ou pas, tu resteras ma fille
  • Fille : pas mon problème
  • Mère : Tu m’as jugé
  • Fille : C’est une blague ?
  • Mère : Je voulais pas que ça en arrive là
  • Fille : veux rien entendre
  • Mère : Est-ce qu’un jour tu pourras me pardonner… s’il te plait, s’il te plait
  • Fille : Mais arrête !
  • Mère : Excuse- moi, excuse -moi … est-ce que tu pourras me pardonner un jour ?

 

STAGE 16-25 ans – FEVRIER

 

Jour 1  : 

LE LABYRINTHE :

Qu’est – ce que pour vous dire en 2018 être dans un labyrinthe ? Variante : qu’est-ce qui dévore la jeunesse aujourd’hui ?

  • Je sais pas où aller : professionnellement, je sais pas quoi choisir… en ce moment ça sera plus ça… dans la vie amoureuse aussi ? – non puis oui
  • Beaucoup de chemin à parcourir. Trouver ce qu’on veut faire dans la vie. Un projet ? un sens à sa vie ? oui c’est ça
  • Cigarette, alcool, internet, téléphone

Scène jouée – adaptation contemporaine, entre une jeune et son éducateur

  • Ouai vous voulez me voir
  • Tu peux t’asseoir s’il te plaît ? tu sais pourquoi t’es là ?
  • Ouai
  • Vas -y pourquoi ?
  • Ils vous ont appelé parce que je venez pas au stage
  • C’est tout. Et pourquoi tu viens pas au stage
  • J’ai pas envie
  • T’as envie de quoi
  • Rien
  • ça te fait rire en plus ?  y’a que le stage qui va pas bien en ce moment ?
  • Oui et vous vous allez pas bien ?
  • Ah ouai  ? vas-y expliques moi
  • Tout le monde me saoule les éducs, les adultes
  • Pourquoi on te saoule
  • Parce que vous êtes un peu arrogant juste
  • Incroyable !
  • Pas que vous… tous les adultes : vous nous faites pas confiance
  • Est-ce que tu nous a donné de quoi te faire confiance ?
  • Depuis que je suis arrivée ici… sur terre d’ailleurs… c’est comme ça
  • Qui vous a trouvé le stage ?
  • Vous ! mais c’est parce que vous avez pas le choix. […] Fallait peut-être trouver un stage que je voulais. [silence] On a fini là ?
  • Non on a pas fini là.
  • C’est un peu toujours la même chose. Quand j’ai fait des efforts personne n’a remarqué
  • Quels efforts ?
  • Ben vous les voyez pas…
  • Ça devait pas être de gros efforts sinon je les aurait vu
  • Vous voyez vous me rabaissez […] Je peux y aller ?
  • J’aimerais que tu me dises ce que tu aimerais faire et moi j’essaye de t’aider
  • Franchement je sais pas. Vous avez eu mon âge, vous savez ce que c’est qu’être perdue
  • Ben justement
  • Vous avez dû passer par des chemins…
  • Je faisais pas n’importe quoi… t’es agressive
  • C’est ma façon d’être
  • T’es agressive
  • Je suis pas agressive… agressive c’est si j’avais balancé des chaises… vous voyez je vous dis ce que je veux et vous m’entendez pas
  • Ben t’as dis rien
  • Ben rien c’est une réponse…
  • T’aime bien la musique […]
  • […] j’aime bien la musique ça veut pas dire que je veux être musicienne… […] Non je voudrais bosser avec les enfants
  • C’est-à-dire ? Je sais pas moi professeur…
  • Vous voulez que je leur apprenne quoi ?
  • je sais pas moi…
  • les gens qui étaient là quand on était à la cantine… les jeunes là… ça fait longtemps vous vous en souvenez pas… Animateur voilà
  • T’as envie de faire ça ?
  • Pour de vrai ! J’ai pas envie que vous me cherchiez à ma place
  • Mais pourquoi t’es là
  • Parce que vous m’avez convoquez… je veux pas être assisté… je suis capable de trouver toute seule
  • Et pourquoi t’as pas trouvé
  • Ben parce que je cherche pas

 

Scène jouée – adaptation contemporaine, entre un jeune et son éducatrice

  • On frappe à la porte
  • Entrez
  • Ça fait une heure que je t’attends à mon bureau
  • Oh ça va Stéphanie, lâche moi !
  • C’est qui qui ait dit je suis à 15h dans ton bureau ?
  • C’est bon lâche moi bordel de merde !
  • Pardon et qui a débarqué dans mon bureau comme une furie : c’est bon t’as pas le temps !!
  • Moi aussi j’ai d’autres trucs à faire, d’autres chats à fouetter…
  • Bon ben moi aussi…
  • Reste là
  • On va faire comme-ci tu m’avais pas donné d’ordre… je te la refait. Oh salut karim ça va… je peux m’assoir je te cherchais partout
  • Oui qu’est-ce qu’il y’a ?
  • C’est quoi ton problème ?
  • Je sais pas… depuis que je suis sortie de l’hôpital je suis partie, ils m’ont attaché
  • Quoi ?
  • Ouai
  • Et pourquoi j’apprends ça maintenant…
  • J’ai fait une crise avec mon père.. il m’a mis une gifle je lui ai en collé une… il a appelé les flics… j’ai crié Stephanie ! Stephanie ! viens ! viens ! je vois trouble, j’ai envie de rien faire j’ai envie de me suicider
  • Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? comment je peux t’aider ?
  • J’ai besoin de personne faut que je me démerde toute seule c’est mon destin
  • Tu veux que je ressorte de ta chambre et que je te dise : karim à demain ? ça ira mieux
  • Je veux qu’on me laisse tout seul
  • Elle sort
  • Elle frappe à la porte
  • Tu te fous de moi tu crois que je vais te laisser comme ça ?
  • De quoi ?
  • Tu me fais du cinéma un grand spectacle ta vie
  • Casse- toi !
  • Tu sais que je t’aime bien karim !
  • C’est bon Stéphanie laisse-moi tranquille on est juste pote
  • Je me disais la même chose
  • Une femme comme toi ma mère l’aurait jamais accepté
  • Oui ta mère une femme comme elle je l’aurais jamais accepté
  • Oh ça va laisses ma mère tranquille
  • C’est toi qu’a commencé… allez viens j’ai des papiers à classer
  • Ah non
  • Oh karim ça va tu m’a dit non la dernière fois pour la vaisselle… et repeindre la mjc ?
  • Oui j’appelle tous mes potes…
  • Tu sais toi il faut mettre un décodeur
  • Décodeur c’est quoi ?
  • Un appareil pour mieux comprendre ce qui se passe dans ta tête
  • Jordan t’es réveillé ? jordaaan
  • Oui maman
  • C’est lheure
  • Alors téléphone… il est où je l’avais posé là hier soir… téléphone chais pas maman je trouve plus mon téléphone

 

Scène jouée : accro au téléphone

  • Jordan au lit… il cherche son téléphone
  • Jordaaan, sors de cette chambre. Bonjour mon fils ça va ?
  • Je suis trop fatigué
  • A quelle heure tu t’es couché que j’ai vu de la lumière jusqu’à 3 heure du matin ?
  • Je me suis endormi. J’étais trop fatigué, ma journée était trop dur, je trouve plus mon téléphone
  • Allez aide moi un peu
  • (Jordan continue de chercher) Je trouve plus mon téléphone
  • Tu t’en est servi à quelle heure
  • A 11H
  • Non à 3h tu l’avais encore dans ton lit
  • Ah bon ?
  • Ben c’est pas grave tu vas les retrouver
  • Ben faut que je regarde des messages
  • C’est pas grave tu les regarderas ce soir
  • Une vie sans téléphone c’est pas possible
  • C’est pas grave tu vas les retrouver là ! tu commences à quelle heure aujourd’hui ?
  • J’ai pas cours les profs sont absents
  • Tu veux pas aller en cours car t’as pas ton téléphone
  • Non je peux rien faire j’ai pas mon téléphone
  • Et tu vas faire quoi
  • Ben dormir je trouve pas mon téléphone
  • Ben regarde là ! la dernière fois c’était coincé entre ton lit et le mur… regarde-moi ça… ce lit, ces pantalons… Qu’est-ce qu’il a de si important….
  • Y’a mes amis… je peux rien faire j’ai pas mon téléphone
  • Et bien pour une fois tu vas m’aider à la maison faire des courses, plier le linge
  • Je peux pas faire ça j’ai pas mon téléphone
  • Et comment tu vas rien faire ? donc tiens viens faire la vaisselle
  • Il s’exécute
  • Tu peux me donner mon téléphone ou pas
  • C’est pas moi qui l’ai
  • Tiens j’ai fini tu me donnes mon téléphones
  • Viens m’aider à plier le linge
  • Il s’exécute
  • tu me donnes mon téléphone
  • Je l’ai pas ton téléphone… on te l’a peut-être volé
  • Père rentre
  • Pourquoi t’es encore là
  • Tu réponds à ton père
  • Pourquoi t’es pas encours
  • Bah… je sais pas je me suis réveillé ce matin j’ai pas mon ordi
  • Ça répond pas à ma question…
  • Je peux pas aller en cours
  • T’es malade ? t’es handicapé ?
  • Je peux pas aller en cours j’ai pas mon téléphone
  • Ah ouai ? c’est ça qui va t’aider à avoir un travail
  • Sans téléphone je peux rien faire
  • T’as eu combien de moyenne à ton dernier trimestre
  • 8
  • C’est bien ou c’est pas bien ?
  • C’est pas bien
  • A ton avis c’est un hasard que tu as plus ordi, téléphone tout ça ?  Non t’as pas compris. C’est moi qui les ai pris ! Et t’as pas compris pourquoi ? l’an dernier t’avais des 16 et là cette année qu’est-ce que tu fais… A 3hs du matin… et l’école dans tout ça
  • Ça passe après ?
  • Tu sais quoi ? tant que t’as pas la moyenne t’as pas ton ordi ! t’as pas ton téléphone !
  • Ok
  • C’est ça ta réaction… tu me dis pas « papa je vais bien travailler »… bon allez va en cours on terminera cette discussion plus tard

 

Scène jouée : une jeune a pris la voiture de son père. Elle a trop bu et elle a renversé quelqu’un. Elle est placée en garde à vue et son père vient la chercher.

  • Pffff (elle reste debout)
  • T’as rien à me dire ?
  • Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Elle est pas morte
  • Elle est pas encore morte
  • Faut bien qu’elle meure un jour
  • Wow… je viens te chercher au commissariat, t’as pris ma voiture sans me demander, t’as renversé quelqu’un…
  • Si tu m’avais emmené ça se serait pas passé comme ça
  • Si tu m’avais demandé peut- être que je t’aurais emmené…
  • Si je t’avais demandé tu m’aurais pas laissé y aller…. Je peux rien avoir je suis mineure
  • T’es pas mineure, t’as pris ma voiture et tu as le permis. Si la personne meure tu vas en prison
  • Grand frère entre
  • Père : Tu sais ?
  • GF : Non (rires) (Père lui explique) elle a fait ça… t’as pris la voiture à papa
  • Père : Elle a bu, elle a renversé quelqu’un
  • Grand Frère : Pourquoi t’as été la cherché… fallait la laisser… fallait pas… tu fais trop de bêtise
  • Père : Elle a aucun remord
  • Fille : Il peut parler lui
  • Père : Il a renversé quelqu’un lui ?
  • Fille : C’était un accident… Et maman quand elle a été renversée ?
  • Père : Ta mère elle s’est fait renverser et ça donne le droit de renverser ? t’aurais réagis comment si t’étais ton petit frère ?
  • Fille : Je sais pas
  • Téléphone sonne – c’est l’hôpital…
  • Fille : C’était l’hôpital ?
  • Père : Oui
  • Fille : Elle est morte
  • Père : Pour l’instant elle est stable
  • Fille : Bon on va pas en faire toute une histoire
  • […] Père : Tu m’as pas répondu si c’était ton petit frère ?
  • Fille : je l’aurais tué
  • Père : Si la famille sonne à la porte et ils viennent te tuer…
  • Fille : S’ils veulent me tuer il me tue… C’est toi mon Père, c’est à toi de me protéger
  • Père : Je sais pas ce que j’ai faiy en tant que père… faut que je me remette en question… la prison ça te ferait du bien
  • Fille : T’as raison t’a tout raté… maman elle aurait rien raté…

J2 : 

CONSTRUCTION DE PERSONNAGE : Construction des personnages avec un jeu de l’oie « grandeur nature » et la matérialisation d’un labyrinthe sur la scène du théâtre. Les participants ont eu « des défis » (comme dans un jeu de l’oie) : ce qui permet d’étoffer leur personnage : pourquoi sont-ils dans le labyrinthe ? qui est leur « minotaure » (contre quoi doivent-ils se battre ?) qui est leur fil d’ariane ? (ou comment l’obtienne-t-ils ?) etc.

Case 4 – ossements humains :

[Les portes se ferment].  Dans quoi je me suis encore foutue. Ufff putain. J’espère que c’est des ossements de poulet. Faut que je prenne mon téléphone pour filmer ça. Ahhh. Un poulet bien grand mais là c’est abusé… dans quoi je me suis foutue. Un défi ? je suis foutue ! J’aurais jamais dû les écouter. […] J’aurais jamais dû accepter ça. J’ai rien à prouver à moi-même pourquoi je prouve ça aux gens ?  Ahhhhh. Ok demi-tour.  C’est des os de poulet,  c’est des os de poulet, c’est des os de poulet…

Case 10 – vous vous rendez compte que vous avez oublié quelqu’un derrière

[Les portes se ferment].  Bon ben on va prendre à droite. T’arrives ? Là on a un problème ! on sait pas si on prend à gauche ou continuer tout droit. Ah c’est fermé. C’est toujours un problème quand on est accompagné. On sait pas si on doit aller à son rythme, tirer de sa lenteur. Non seulement on est dans l’obscurité mais aussi dans l’ignorance…. Hé ho je l’entends même pas. J’aimerais bien revenir le chercher mais j’arrive pas. Mais où t’es ? faut que tu viennes à ma rencontre.

Case 7 – faire le pied de grue en priant…

[les portes se ferment] Déjà ? C’est pas vrai… il est passé où. Putain (il essaye de pousser la porte). Putain c’est pas vrai… y’a quelqu’un ? (sors son téléphone) j’ai pas de réseau putain merde… j’arrive pas à sortir. Aidez-moi, aidez- moi s’il vous plait… y’a quelqu’un ? y’a quelqu’un ? j’ai pas de connexion… comment je vais faire ?  y’a personne ? aidez- moi s’il vous plait ! je vous en prie… je veux pas crever… aidez-moi, s’il vous plait… y’a quelqu’un ?  peut-être qu’ici il y’a du réseau ? y’a pas de réseau ici… s’il vous plaît…. […] Ça marche pas…

 

Case 13 – carré magique, un endroit où on se sent bien

[Les portes se ferment]. Pourquoi ça marche que dans un seul sens ? on est à la case départ là ? il me semble que je l’ai déjà fait ce chemin… Je commence â être fatigué, je crois que je vais me reposer… une petite télé…  faut que je quitte cet endroit parce que sinon… y’a quelqu’un ici ? ohé hey ohhh… y’a quelqu’un ? putain comment je vais sortir de cet endroit ? (un distributeur apparaît) déjà que je suis perdu et toi tu me prends mon argent ? j’ai soif, j’ai faim…  (distributeur distribue des ossements). du sang, des os partout… signification par rapport à mon parcours, mon destin ?

 

Episode 5 : Qui est le monstre aujourd’hui ?

 

Scène « antique » : Monologue de Thésée : Comment Thésée tue le Minotaure dans le Labyrinthe

Scène contemporaine : Martha et Michel : sur la société de consommation ; scène de la culpabilité

Scène jouée lors de l’atelier « adulte » (extrait) :  

Extraits d’échanges :

  • On comble ce vide par la consommation. Il faut se remplir par la littérature, la spiritualité… c’est ça qui manque… l’être humain c ‘est pas un consommateur… l’être humain a quelque chose qui le dépasse aussi.
  • Les jeunes qui se radicalisent – pas tous mais je suis pas sure que ça soit la norme – : ils recherchent une dimension autre
  • Recherche du sens de la vie
  • Moi des fois j’écoute plus les infos. Car on est manipulé à longueur de journée
  • Bah ça m’embête d’entendre ça car on entend de partout la théorie du complot. Y’a des médias qui me gonflent… mais c’est une façon d’être au monde [d’être connecté au reste du monde]
  • Ça pour moi le paraître c’est un monstre… l’image que tu dois renvoyer… consommer…
  • La violence ou la colère pour les jeunes « je peux pas me battre contre moi-même, je peux me battre contre d’autres monstres ». Autre monstre : la drogue et particulièrement la cocaïne… Et des Ariane : cure de désintox mais c’est pas un fil qui marche…
  • La compétition c’est un monstre
  • Monstre ? L’Autre, la différence…

 

Scène collective, nourrie de nos précédents échanges :

  • J’en ai marre j’ai cherché pendant des heures et j’ai encore rien trouvé
  • Ben on est coincé on peut pas sortir cherche une autre solution toi tu vas par là et moi je vais par là
  • Tu crois ?
  • Oui on va essayer ? toi tu vas par là et moi je vais par là.
  • Mais il faut qu’on reste connecté
  • Et comment ? j’ai pas de téléphone
  • Et moi je comprends pas quand on a pris le train on m’a dit qu’on en avait pour 50 minutes. Et là ça fait 2 heures qu’on tourne. Y’a un piège. Et en plus on a payé pour faire l’expérience
  • Ben évidemment y’a un piège. On est tous tombé dedans. Et toi on te dis 50 minutes et tu payes
  • Et toi ?
  • J’ai pas eu le choix
  • Et toi ?
  • Oui
  • Et toi ?
  • On m’a obligé
  • En tous cas on s’approche pas de ça [du centre]. Ça sent l’embrouille…
  • […] Moi je tourne pas en rond
  • Tu méditais ?
  • Non je me suis assise et je vous regardais
  • Moi je peux pas rester ici, je cherche une solution pour sortir. On se donne la main
  • A deux on sera plus fort
  • Et à trois ?
  • Tu viens avec nous
  • Et toi ?
  • Je reste ici
  • Comment tu t’appelles ?
  • Jeanne ! Jeanne !
  • Moi je m’appelle Sarah
  • Elle va nous appeler dans 5 minutes quand elle nous verra pas revenir. Elle nous regarde, elle se marre. On s’emmerde moins à tourner ensemble
  • Regarde on dirait qu’on voit le jour
  • Et comment on fait
  • On s’approche
  • J’ai peur
  • Et toi tu voulais une solution ? Et ben c’est pas grave on va y aller toutes les deux (elles sortent)
  • Jeanne : ho ho, maman,
  • Sarah : Oui
  • J : Dis moi la vérité… dis moi la vérité… je suis sure que je suis pas ta fille
  • S : Encore ? et comment je suis pas ta fille
  • J : Ben je ressemble à aucun de mes frères et sœurs
  • S : Et bien tu es ma fille
  • J : J’ai regardé dans les papiers
  • S : Quels papiers ?
  • S : Je sais que tu étais enceinte et que t’as rencontré papa après
  • J : Ça c’est un secret. T’es encore jeune. Quand t’auras l’âge je te dirais le secret
  • S : Mais jusqu’à quand tu vas me faire attendre
  • J : 18 ans
  • S : T’as pas le droit c’est ma vie
  • J : Je peux pas c’est un secret
  • S : Maman j’ai 35 ans.
  • J : Et ben…
  • S : Je veux la vérité… pourquoi tu veux pas me dire la vérité
  • J : J’ai peur que tu partes et que tu me laisses… je veux que tu restes avec moi jusqu’à la fin de mes jours…
  • S : T’as raison je vais partir si tu me dis pas
  • J : Je te dis et tu restes… tu es ma fille une partie de mon corps, je peux pas te laisser partir
  • S : Je veux que tu parles vrai. Je peux pas vivre ma vie
  • J : Ça te blesse où
  • S : Partout. L’autre jour j’ai suivi quelqu’un dans la rue j’ai trouvé qu’il me ressemblait. J’ai eu raison de le suivre c’est ça ?
  • J : Peut être que c’est ton papa ? il t’a donné quelque chose ?
  • S : Il m’a dragué
  • J : Ah lala… et il a quel âge ?
  • S : Tu m’embrouilles ! je veux la vérité…
  • J : C’est un secret
  • S : C’est pas un secret, la vérité…
  • J : Et bien viens avec moi on va regarder les papiers…
  • S : Attends je reste
  • J : T’as peur de quoi ?
  • S : Serre moi la main…
  • J : T’as peur de quoi
  • S : Ben de la vérité, tiens !

Extraits d’échanges :

Quel est votre labyrinthe aujourd’hui en 2018 ? qui est le minotaure / monstre dedans ? Quel est le fil d’Ariane ?

  • Le labyrinthe : les épreuves, un chemin sombre, un chemin vers la lumière. Chemin sombre : harcèlement ? Quelqu’un qui nous guide vers la lumière ?
  • Le labyrinthe je sais pas l’expliquer mais quand on est dedans c’est le doute…
  • Situation de laquelle il est difficile de sortir, plusieurs portes et on sait pas laquelle prendre – plusieurs voies. Concret ? la société de consommation c’était pas mal…
  • J’ai l’impression que nos labyrinthes et nos monstres se superposent… qu’il y’a de gros monstres collectifs comme la guerre
  • On a beaucoup de monstres personnels… beaucoup qui naissent en nous ou qui naissent vis-à-vis de l’autre… « tu es le monstre » / variante tout le monde l’a vu comme un monstre. Est- on le monstre de quelqu’un d’autre ?
  • Minotaure un miroir ? quelqu’un en face ?
  • Un double ? un minotaure intérieur ? qu’on a en soi et qu’il faut combattre ?
  • C’est un monstre collectif qui créé le monstre personnel
  • Des fois c’est nous qui nourrissons le monstre. Sans le savoir…. Quand on est silencieux, qu’on parle pas de nos problèmes, on laisse le monstre grandir… Par exemple… La violence. Y’a beaucoup de femmes qui parlent pas… c’est la honte qu’une femme parle de son mari qui la tape… ça veut dire que les hommes vont continuer…

 

Scène jouée par les jeunes inspirée par la scène « antique » (extrait) :  

  • C’est sombre
  • Ouai t’as raison, c’est sombre aucune lumière
  • Y’a du sang partout
  • Y’a encore un cadavre, une dépouille
  • Attention
  • Bon faut qu’on le cherche, ouvrez grand les yeux,
  • Je le vois tout là bas
  • Il est au centre, regardez
  • J’ai pas envie d’avancer
  • Faites aucun bruit, d’accord. On le contourne, on attaque par le milieu
  • On l’appelle
  • Surtout pas
  • Il nous a vu, à nous de jouer maintenant
  • Armez-vous, faut le tuer
  • Vas y
  • Vas y
  • Vas y
  • Vas y
  • Les jeunes s’avancent un par un pour raconter « leur combat » contre le Minotaure
  • Moi ? j’ai bondit sur lui avec mon épée, je lui ai coupé un bras, j’ai pris mon épée et j’ai couru
  • Quand le minotaure nous a entendu, il a foncé sur nous et là, une feinte je l’esquive et j’ai pris ma grande épée et là un coup, à son tour de m’esquiver, un combat de 10 minuntes, j’avais l’endurance et lui non. Je l’ai eu à l’usure. Des coups d’épée de partout dans l’estomac, la jambe, le bras ; voilà le minotaure à terre
  • Quand il nous a vu il a foncé sur nous il nous a esquivé il s’est cogné contre un mur il a perdu une corne
  • Le minotaure nous a vu en premier, je l’ai esquivé je l’ai chevauché je l’ai eu à l’usure et je l’ai achevé
  • alors je vais vous raconter mon histoire. J’ai vu le minotaure et après j’ai stressé, comme tout le monde. Apres j’ai couru, couru. J’ai passé sous ses jambes. Comme un tacle. J’ai pris mon épée. Son cœur est sorti
  • Moi j’ai rampé j’ai vu une grosse patte énorme on dirait 4 enfants… il court sur moi. Je prends sa tête et chtaaa (mime un geste). Epée en sang. Plus d’épée, que mes mains. Le minotaure m’a poursuivi. J’ai vu mon copain, il m’a passé son épée et chtaaa (mime un geste) il est tombé par terre
  • Quand j’ai vu le minotaure. J’ai couru j’ai couru. J’ai mis des poings et j’ai vu que ça marchait pas alors j’ai pris mon épée
  • Je l’attaque par surprise dans le dos. Je plante mon épée elle ressort
  • Quand j’ai vu le minotaure j’ai stressé ouf. J’ai fait du rodéo. Il est tombé par terre

Transposition de la scène « antique » (extrait d’une proposition d’une jeune inspirée d’une rumeur sur le quartier) – thématique « Tuer le monstre » (le minotaure)

  • Ça te dirait pas on va à sa rencontre ?
  • Vous voulez allez où ?
  • Voir la personne qui fait du mal !
  • C’est une mauvaise idée
  • si ça se trouve il est triste
  • C’est une raison ça ? quand t’es triste toi, tu fais du mal aux autres ? Pourquoi tu te sens obligée de lui venir en aide
  • « l’étranger «  au quartier entre
  • Bonjour qui es- tu ?
  • Ha ha vous faites-moins les malins là !
  • Il y’a quelqu’un qui nous veut du mal et nous on veut la rencontrer
  • L’étranger : J’ai jamais fait de mal à personne […] y’a plein de personnes qui disent que je suis le mec qui fait du mal. On est dans un monde où on se sent obligé de dire des trucs moches sur les autres…  Tout le monde parle de moi…
  • Assieds- toi
  • T’es le mec bizarre ?
  • L’étranger : Mais j’ai fait du mal à personne ! vous avez besoin d’un bouc émissaire… c’est moi à chaque fois
  • ben tu fais quand même quelque chose ?
  • l’étranger : mais j’ai rien fait
  • Mais pourquoi tout le monde raconte ça ?
  • Y’a un milliard de personnes qui sont parties et elles sont jamais revenues
  • L’étranger : tout le monde à chaque fois colporte des informations, des rumeurs… parce que la tête d’une personne ne revient pas avec elle et on raconte des histoires… et voilà le téléphone arabe… les gens croient ce qui est raconté sans aucune preuve…
  • On a trouvé des os, du sang
  • L’étranger  : tant que vous n’avez rien vu
  • Faut appeler la police
  • L’étranger : j’ai rien à me reprocher
  • On a fait des analyses adn
  • Il dit que c’est faux, on va le croire quand même
  • L’étranger : je peux inventer des trucs si vous voulez
  • Nous avec ma copine on a été voir pourquoi vous faites tout ça… toi, arrête de l’embêter !
  • L’étranger : moi j’ai rien à me reprocher…

Scène jouée par les jeunes inspirée par la scène contemporaine (extrait) : 

  • Mon trésor qu’est-ce qui t’arrive ? ça va ?
  • Non
  • Oui je vois, qu’est-ce qu’il y’a ?
  • C’est à cause de Sylviane qui m’a énervée. Elle m’oblige toujours à faire les soldes. Elle me force ! c’est pas de ma faute !
  • En même temps elle te met pas le couteau sous la gorge, c’est toi qui sort ta carte bleue
  • Regarde, regarde, le même sac, la même écharpe, la même veste… elle jette ses affaires
  • Oui je vois bien … C’est quoi la solution ? je prends ta carte bleue ?
  • Non j’en ai besoin
  • Mais si t’en fais une mauvaise utilisation ?
  • Tu peux dire à Sylviane d’arrêter de m’obliger à faire les soldes de m…
  • Tu déplaces le problème. Assumes
  • Il faut que j’aille voir un psy
  • T’exagères pas un peu ?
  • Non… […] Allez je donne, je donne tout… […] Finallement elle reprend tout.
  • Je peux pas donner ça, c’est à moi… ça coûte trop cher. T’imagines : 100 € !
  • Quoi ce bout de tissus !

Episode 4 – Destin – Fatalité

Scène « antique » : Ariane et Astérios (le Minotaure)

Scène contemporaine : Le dernier jour de Rosa

Dispositif mis en place pour faciliter la recherche artistique  (Pour quelle raison un personnage est-il dans le Labyrinthe) : 3 affiches sont disposées dans l’espace : « Liberté » – « Zone grise » et « nécessité ». Les participants sont invités à naviguer d’une affiche à l’autre (au départ sans paroles, puis la parole peut jaillir lorsque « le ressenti » est présent).

Variante : Le personnage est dans le Labyrinthe : un autre est là et le questionne : pourquoi es-tu là / Pourquoi tu viens là ? tu viens faire quoi ? accomplir une destinée ? juste « venir voir » ?  etc.

Construction de personnages lors de l’atelier « adulte » (les participants ont été plutôt sur le registre du langage) 

  • on a la foi, on a tous les éléments en nous pour s’en sortir et emmener les autres
  • Je me sens de devoir accomplir quelque chose pour les autres
  • Il m’est nécessaire de comprendre ce qu’il s’est passé dans ma famille (mon personnage est aux prises d’un secret de famille)

Phrases piochées au vol lors du questionnement des personnages :

  • Si je t’explique, tu vas comprendre et je veux pas que tu comprennes. C’est à toi de chercher.
  • la liberté c’est le cœur et la nécessité, c’est la réflexion

Extrait d’une scène :

  • Vous allez où ?
  • J’essaye de sortir de ce labyrinthe
  • Vous sortez où ?
  • Il faut que je sorte
  • Vous allez où ?
  • Que je sorte de moi-même, de ce qui me taraude, j’ai un secret qui doit être révélé donc je tourne. Je vais voir ma vieille tante qui détient des secrets je vais demander des explications

Construction de personnages (en terme de ressenti, par le langage du corps) – retour pour les jeunes 

  • J’ai senti la panique dans ton corps dans la zone grise. Tu n’étais pas bien. T’avais besoin soit de l’un soit de l’autre ; Dans la nécessité t’étais presque bien…
  • Qu’est-ce que tu ressens quand tu es sur l’affiche liberté et moi je te dis viens là ? (sur l’affiche nécessité). Réponse : je suis un peu énervée…
  • Quand t’es sur la zone grise j’ai l’impression que tu as des regrets… tu emmènes tes doutes avec toi
  • T’y vas pas si facilement vers la liberté… on sent que tu as envie … ta liberté te permet d’être très incivil, moqueur… alors que dans la nécessité : t’es plus dans le respect.
  • La liberté, être en accord avec lui-même… quand tu dis : « c’est ça que je veux »… on l’a senti

Echanges (extraits)

  • C’est la question du choix : l’une choisi la liberté, l’autre le sacrifice

Episode 3 – Destin / Fatalité

 

Episode où on apprend comment Thésée arrive à convaincre son père Egée de partir pour combattre le Minotaure

Scène jouée par les jeunes inspirée par la scène antique (extrait) :

  • T : Père je peux vous poser une question. Est-ce que je peux partir en crête avec les autres enfants ?
  • E : C’est une blague ?
  • T : Ben non. Aller en crête tuer le minotaure, sauver la ville
  • E : Aller en crête ?
  • T : J’ai décidé
  • E : On en discute… celui qui prend des décisions c’est moi
  • T : Ben moi je suis le futur roi
  • E : Futur oui […] Bon je t’écoute quel est ton projet […] Tu n’es encore qu’un enfant… tu vas faire quoi avec tes petit bras ? tu vas laisser ton pauvre père tout seul ?
  • T : Je vais revenir
  • E : Et si tu reviens pas ? Avec toute la peine que j’ai eu pour t’avoir toi
  • T : J’irais quand même… Je veux juste sauver mon pays
  • E : Mais il est sauvé ton pays on a la paix
  • T : Mais non y’a des enfants qui partent…
  • E : Oui mais sinon y’aurait eu la peste, le choléra, la famine, la sècheresse
  • T : J’y arriverais faites-moi confiance
  • E : Faut que je te fasse confiance ? maintenant tu me vouvoies ?
  • T : S’il vous plaît…
  • E : L’année prochaine
  • T : Cette année ! ou j’y vais sans votre accord !
  • E : Je suis encore ton père
  • T : J’irais que vous le vouliez ou non. Donnez- moi les voiles blanches
  • E : Tu promets de les mettre ?
  • T : Oui
  • E : T’es sur ? tu peux encore changer d’avis jusqu’à demain
  • T : Non je ferais partie des 14 jeunes

 

Scène jouée par les jeunes inspirée par la scène antique (extrait) :

Consigne : On est dans le labyrinthe. Un jeune dicte à son camarade une lettre qu’il aimerait écrite à ses parents : qu’est-ce que j’ai vécu (tu racontes le voyage), qu’est-ce que j’aimerais leur dire  et que je n’ai pas eu le temps de leur dire ? 

  • Chers parents. Le voyage a été long. Mais ça va. Thésée n’arrête pas de dire qu’il va tuer le minotaure mais je pense pas. Il va juste faire son héros sans penser à nous. Il pense qu’à lui. J’espère que je vais survivre. Papa maman je vous aime et j’espère que je reviendrais à la maison continuer la tradition
  • Ecris ! Cher papa chère maman. Aujourd’hui c’était très dur. Pour le premier jour il y’avait rien à manger à part du maïs.
  • Chers papa et maman. Moi et les autres enfants nous sommes coincés dans le labyrinthe ; Je suis inquiet, je pense à vous. J’espère qu’on s’en sortira vivant, aucune blessure. Prenez bien soin de vous. Ne m’oubliez pas. J’espère revenir sain et sauf. Peut-être demain ou jamais

Transposition contemporaine (extrait)

Scène jouée lors de l’atelier « adulte »

  • Doudou, je m’ennuie, j’en ai marre
  • Assis toi à côté de moi
  • Ça me manque la campagne quand j’étais petite. On est parti s’installer à Paris… On a gagné de l’argent… on a acheté une maison…
  • Et maintenant on en profite
  • Je veux la vraie campagne, élever des moutons dans le Doubs… Depuis que je suis à la retraite, j’ai plus d’échanges avec les animaux qu’avec les gens
  • On va adopter un chat… Tu peux parler à un arbre au bout de la rue mais de là à partir dans le Doubs…
  • Mais toi tu peux rester… tes copains et tout
  • Tu comptes partir sans moi ?
  • Tu viendras me voir
  • On va faire un couple à 3 avec les moutons ?tu peux pas me laisser comme ça
  • Mais je t’abandonne pas doudou
  • Je me sens abandonné comme une vieille chaussette
  • Mais c’était pas pareil quand on travaillait tous les deux…
  • Mais tu vas t’ennuyer… je te connais, tu t’emballes, dans une semaine ou deux tu vas revenir à la normale… tu nous l’as déjà fait… les îles là
  • Mais c’était pas pareil c’était une mutation, et t’as pas supporté que je gagne plus que toi […] C’est pas la vie à laquelle je m’attendais […] je voulais vivre en communauté
  • Tu me l’as pas dit avant qu’on se marie ?
  • Mais t’es pas obligé de venir tout le temps
  • Et je vais te laisser avec les bergers ?
  • T’es jaloux en fait
  • Regarde le sourire que tu abhorres quand tu parles des moutons, du Doubs

Echanges (extraits)

Est-ce que nous avons un  libre choix ? Est-ce qu’on la possibilité de choisir ou tout est écrit à l’avance (destin) ?

  • Y’a une part de choix mais ce choix détermine un destin
  • La part de liberté faut la prendre sinon personne te la donne
  • Le destin il est tracé jusqu’à un certain âge : les parents décident pour les enfants et après les enfants décident… quand il prend son indépendance, il trace sa route. Pourquoi y’a un choc entre les enfants et les parents ? On s’en passerait bien les parents…
  • Prendre sa place de qui je suis… c’est exactement ce qu’il se passe
  • […] J’ai été touchée par ça car ma fille est partie au canada. J’étais triste pour moi. J’ai pas montré que j’étais contre ; j’ai le courage de dire oui, car sinon c’est elle qui va être triste. […] Ces jeunes- là il faut les encourager. « Le courage de dire oui de la part des parents ».